Page 167 - Livre électronique du congrès AFMAPATH 2024
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P107. LES PARTICULARITÉS DU PNEUMOTHORAX SPONTANÉ
CHEZ LES FUMEURS POLY-CONSOMMATEURS.
O. ABOUOBAYD, M. A. EDDAHIOUI, M. IJIM, O. FIKRI, L. AMRO
SERVICE DE PNEUMOLOGIE. HOPITAL ARRAZI, CHU MOHAMMED IV, LABO LRMS, FMPM, UCA,
MARRAKECH, MAROC
Introduction : Le tabagisme reste un enjeu majeur de santé publique, en particulier dans les pays
en voie de développement, et sa relation avec la survenue du pneumothorax est bien établie.
Néanmoins, cette relation avec d’autres drogues, associées ou pas au tabac, est beaucoup
moins codifiée. Le but de notre travail est de déterminer l’impact de la polyconsommation de
drogues associées au tabac sur la survenue du PNO spontané
Patients et méthodes : Nous rapportons une étude rétrospective incluant 108 cas de patients
hospitalisés pour pneumothorax spontané au service de pneumologie du CHU Mohammed VI
de Marrakech entre Janvier 2021 et Décembre 2023.
Résultats : nous avons colligé 108 cas de PNO spontané. 63 patients avaient une
polyconsommation de drogues associée au tabac . L’âge moyen était de 37 ans. La
prédominance était masculine à 100%. 44% des patients associaient du chanvre au tabac et une
consommation concomitante de cannabis était retrouvée chez 56%. 43,1% des patients avaient
des comorbidités associés. La symptomatologie était non spécifique et dominée par la
douleur thoracique (100 %), la dyspnée (87%) et la toux (61%). Sur le plan radiologique le
pneumothorax était prédominant à droite 56,2%. Un épanchement pleural liquidien était
associé chez 16,7% des patients. Les étiologies étaient dominées par la rupture de bulles
d’emphysème (79%), la rupture de caverne tuberculeuse, l’origine infectieuse et les causes
néoplasiques. Un drainage thoracique a été réalisé chez tous les patients. La durée moyenne
d’hospitalisation était de 10j. L’évolution était favorable chez 57% des patients avec échec chez
41%. Un décès a été enregistré.
Conclusion : La survenue du pneumothorax semble plus fréquente chez la population
tabagique en particuliers chez les poly-consommateurs de chanvre et de cannabis, et son
évolution reste moins favorable que celle chez les non-fumeurs. L’intérêt du sevrage tabagique
représente donc un rôle primordial dans la prévention primaire du pneumothorax, tout en
gardant en tête ses différentes autres étiologies.
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