Page 96 - Livre électronique du congrès AFMAPATH 2024
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P56. LES MANIFESTATIONS RADIO CLINIQUES DES CORPS
ÉTRANGERS INTRA BRONCHIQUES : À PROPOS DE 29 CAS
AIT MOUDDENE N., BOUGTEB N., ELHANAFY S., ARFAOUI H., JABRI
H., EL KHATTABI W., AFIF MH.
SERVICE DE MALADIE RESPIRATOIRE, HOPITAL 20 AOUT 1953, CASABLANCA, MAROC
L'inhalation du corps étranger (CE) est une urgence diagnostique et thérapeutique pouvant
mettre en jeu le pronostic vital. C’est une situation très fréquente dans la première enfance et
chez les personnes âgées après la soixantaine du fait de l’incidence des fausses routes, mais
rare chez les adultes.
Notre étude est rétrospective portant sur 29 cas d’inhalation de corps étranger diagnostiqués
et traités dans le service des maladies respiratoires de l’Hôpital 20 Août 1953 de Casablanca sur
une période s’étalant de Janvier 2016 à mars 2024.
L’âge moyen était de 26,5 ans avec des âges extrêmes de 13 ans et 78 ans. Le sexe féminin était
prédominant dans 86% des cas (Sexe-ratio F/H = 6). Le motif de consultation était dominé par le
syndrome de pénétration dans 86% des cas, les infections respiratoires à répétition dans 14%
des cas. L’inhalation du corps étranger était accidentelle chez tous les patients avec un délai de
consultation moyen de 4 jours. La symptomatologie clinique était non spécifique dans la plupart
des cas. La radiographie thoracique avait montré un corps radio-opaque dans 15 cas. Avec une
localisation au niveau des bronches droites dans 20 cas, les bronches gauches dans 5 cas et au
niveau de la trachée dans 4 cas. Le scanner thoracique était réalisé chez un nombre restreint de
ces patients surtout ceux ayant une inhalation de corps étranger méconnue révélé par des
complications comme les dilatations de bronches localisées, des bronchopneumopathies
abcédées ou une bronchopneumopathie obstructive ou le corps étranger en intra bronchique
surtout s’il n’est pas radio opaque. Le corps étranger était visualisé lors d’une bronchoscopie
par fibre optique dans 20 cas. La nature du CE était dominée par les épingles à foulards dans 65,5
% des cas, les débris alimentaires dans 27,5 % des cas, la canule de trachéotomie et les
prothèses dentaires dans 3,5 % des cas chacune. L’extraction totale du corps étranger était
réalisée par la bronchoscopie souple dans 62 % des cas, par la bronchoscopie rigide dans 20,6
% des cas et complétée par la chirurgie dans un seul cas, par le rejet spontané dans 13,9 % des
cas et par la chirurgie d'emblée dans un seul cas (3,5 %).
L’inhalation du CE est moins fréquente et pouvant être lourde de conséquences si méconnue.
Son diagnostic fait appel à un faisceau d’arguments. Il est suspecté sur l’interrogatoire qui doit
rechercher un syndrome de pénétration et sur la présentation clinico-radiologique. La chirurgie
est rarement indiquée et le meilleur traitement reste préventif en évitant de tenir par la bouche
les objets susceptibles d’être inhalés.
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